D’anciens pupitres du Séminaire de Sherbrooke pourraient trouver une nouvelle utilité
La Tribune (Actualités, mardi 28 mars 2006, p. 3)
Article de François Gougeon
Sherbrooke - D’anciens pupitres d’élèves du Séminaire de Sherbrooke pourraient bien dépanner une école si pauvre de Montréal que les élèves doivent vendre du chocolat pour financer l’achat de ce matériel. Et c’est par le biais de l’organisme Estrie-Aide que tout pourrait se régler.
“À la suite d’une modernisation de ses équipements, le Séminaire de Sherbrooke nous a fait don d’environ 300 pupitres de différents modèles. Or, on a vérifié en région et ce n’est pas un besoin à combler. Mais ça pourrait servir à l’école des Rapides-de-Lachine (LaSalle, à Montréal), où il y a de telles difficultés budgétaires que les élèves doivent vendre du chocolat pour financer l’achat de bureaux… Le tiers monde est parfois pas très loin de chez nous”, a émis le grand manitou d’Estrie-Aide, Normand Groleau.
C’est après avoir lu l’information dans La Presse à ce sujet (vente de chocolat), hier matin, que son collaborateur à Estrie-Aide, Lawrence
Roseberry, a contacté l’école en question pour faire don des pupitres venant du Séminaire de Sherbrooke. “Les pupitres pourraient être remis dès jeudi car notre camion doit déjà monter à Montréal pour aller y chercher des articles au Chaînon”, a indiqué M. Groleau.
M. Roseberry, qui a parlé à la directrice de l’école montréalaise, Andrée Marquis, signale qu’il y a de l’intérêt pour l’offre d’Estrie-Aide. “Mais avant cela, il faut que le conseil d’établissement de l’école donne sa décision”, a noté M. Roseberry. Et pour éclairer ce groupe sur le type de pupitres en question, M. Groleau est allé les photographier et a fait parvenir le tout à l’école par voie électronique.
Du côté de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, on était un peu gêné qu’un organisme de soutien aux pauvres, de surcroît de l’extérieur, offre son aide. “Disons que l’idée de la vente au chocolat du conseil d’établissement (pour financer l’achat de bureaux) n’est pas illégale. Mais il faut comprendre que cette école vit une situation particulière car elle était très endommagée et fait l’objet d’importantes rénovations. Avec les budgets qui nous sont alloués, on y va par priorité et le remplacement des pupitres n’était pas encore possible”, a émis une porte-parole de la commission scolaire concernée, Brigitte Gauvreau.